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Les Orteils en Griffe et en Marteau : Comprendre, Traiter et Prévenir

Publié par Gerard FONTAINE le

Les pieds sont les piliers de notre mobilité, supportant quotidiennement le poids de notre corps et absorbant les impacts de chaque pas. Pourtant, ils restent souvent les grands oubliés de nos soins de santé jusqu'à ce que la douleur apparaisse. Parmi les motifs de consultation les plus fréquents en podologie et en chirurgie orthopédique figurent les déformations des petits orteils, communément appelées  orteils en griffe ou en marteau . Ces pathologies, bien que perçues initialement comme esthétiques, peuvent évoluer vers un handicap fonctionnel sévère, rendant le chaussage et la marche particulièrement pénibles.

1. Anatomie et Classifications des Déformations

Il est essentiel de distinguer les différentes formes de déformations, car elles n'impliquent pas les mêmes articulations ni les mêmes déséquilibres musculaires. Chaque petit orteil est composé de trois phalanges (proximale, moyenne, distale) reliées par deux articulations interphalangiennes.

  • L'orteil en marteau (Hammer Toe) : C'est la forme la plus courante. Elle se caractérise par une flexion de l'articulation centrale (interphalangienne proximale - IPP). L'extrémité de l'orteil reste généralement à plat, mais le sommet de l'articulation frotte contre la chaussure.
  • L'orteil en griffe (Claw Toe) : Elle implique une hyperextension de la base de l'orteil (articulation métatarso-phalangienne) combinée à une flexion des deux articulations suivantes. L'orteil se répond totalement, et sa pointe vient buter contre la semelle.
  • L'orteil en maillet (Mallet Toe) : Seule la dernière articulation, située près de l'ongle (interphalangienne distale), est fléchie.

2. Les Causes : Un Déséquilibre Multifactoriel

L'apparition de ces déformations résultant rarement d'un facteur unique, mais plutôt d'une combinaison de prédispositions biologiques et de contraintes externes.

Facteurs biomécaniques et morphologiques : L' Hallux Valgus (l'oignon) est le principal coupable. En déviant vers l'extérieur, le gros orteil pousse les orteils voisins, les forçant à se chevaucher ou à se recroqueviller. De même, un pied grec (deuxième orteil plus long que le premier) est plus exposé aux micro-traumatismes au fond de la chaussure. Les pieds creux , par leur cambrure excessive, créent une tension permanente sur les tendons extenseurs, favorisant la griffe.

L'influence du chaussage : Le port prolongé de chaussures à talons hauts transfère une pression démesurée sur l'avant-pied. Si l'avant de la chaussure est étroit (bout pointu), les orteils n'ont plus l'espace nécessaire pour s'étendre, ce qui fige progressivement les articulations dans des positions vicieuses.

Pathologies sous-jacentes : Certaines maladies systémiques apparaissent ces déformations. La polyarthrite rhumatoïde attaque les articulations et les fragilise. Le diabète , par le biais de la neuropathie, peut affaiblir les petits muscles impliqués du pied, provoquant un déséquilibre entre les muscles qui plient les orteils et ceux qui les étendent.

3. Symptômes et Progression Clinique

Le diagnostic est essentiellement clinique, basé sur l'observation de la posture de l'orteil. L'évolution se divise en deux stades critiques :

  1. Le stade flexible : L'orteil est déformé au repos, mais peut être redressé manuellement sans douleur excessive. C'est le moment idéal pour intervenir avec des traitements non invasifs.
  2. Le stade rigide : Les tissus mous (tendons, capsules articulaires) se sont rétractés de façon permanente. L'articulation est bloquée. Toute tentative de redressement est douloureuse et vaine sans intervention lourde.

Les complications incluent souvent l'apparition de cors (épaississement de la peau sur le dessus de l'orteil) et de durillons sous la plante du pied (métatarsalgies). Dans les cas graves, une plaie peut se former (ulcération), ce qui représente un risque infectieux majeur, notamment chez les patients diabétiques.

4. Options Thérapeutiques : De la Conservatrice à la Chirurgie

La stratégie de traitement dépendra principalement du degré de souplesse de l'orteil et de l'intensité de la douleur.

Approches conservatrices (Non-chirurgicales) :

  • Adaptation du chaussage : C'est la pierre angulaire du traitement. Privilégiez les chaussures avec une "boîte à orteils" large et profonde, un cuir souple et un talon ne dépassant pas 4 cm.
  • Orthoplasties : Ce sont des petits appareilslages en silicone moulés directement sur le pied par un podologue. Ils protègent les zones de frottement ou agissent comme des tuteurs pour maintenir l'orteil en position rectiligne.
  • Orthèses plantaires (Semelles) : Elles permettent de corriger un trouble de l'appui au sol et de décharger les têtes métatarsiennes douloureuses.
  • Rééducation : Des exercices simples, comme ramasser un mouchoir avec les orteils ou étirer manuellement les tendons vers le bas, fournir à maintenir la souplesse articulaire.

Interventions chirurgicales : Lorsque les traitements conservateurs échouent, la chirurgie devient une option. Les techniques ont considérablement évolué :

  • Chirurgie mini-invasive / Percutanée : Le chirurgien pratique des incisions millimétriques pour sectionner un tendon trop tendu ou effectuer une petite section osseuse (ostéotomie) sous contrôle radiologique. Les suites opératoires sont généralement plus simples et les cicatrices quasi invisibles.
  • Chirurgie à "ciel ouvert" : Dans les cas de déformations sévères ou rigides, elle peut inclure une arthrodèse (fusion de l'articulation en position droite) ou une arthroplastie (retrait d'une partie de l'os pour redonner de l'espace).

5. Prévention et Conseils Pratiques

Prévenir l'aggravation des orteils en griffe nécessite une vigilance régulière. Inspectez vos pieds chaque soir à la recherche de rougeurs ou de zones de friction. Évitez de traiter vous-même les cors avec des objets tranchants ou des produits chimiques corrosifs, car cela peut aggraver l'inflammation. Un suivi annuel chez un pédicure-podologue est fortement recommandé, surtout si vous présentez un début d'oignon (hallux valgus). Enfin, privilégiez la marche pieds nus sur des meubles (sable, gazon) pour stimuler la musculature animée du pied.


Références et Sources Documentaires

  • Assurance Maladie (Ameli.fr) : Dossier complet sur les malformations des orteils et la prise en charge des soins podologiques (France).
  • American Orthopedic Foot & Ankle Society (AOFAS) : Guides cliniques sur le "Hammer Toe" et les techniques de correction chirurgicale (USA).
  • Manuel MSD (Version Grand Public) : Chapitre sur les troubles musculosquelettiques du pied : Déformations des orteils.
  • Haute Autorité de Santé (HAS) : Recommandations sur les prothèses et les orthèses plantaires dans le cadre des déformations du pied.
  • Encyclopédie médico-chirurgicale (EMC) : Traité de podologie sur les déséquilibres tendineux et biomécaniques de l'avant-pied.

Ce document est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.

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Auteurs :  Gérard FONTAINE orthoprothésiste laboratoire PROTUNIX

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