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L'Hallux Rigidus : Compréhension et Prise en Charge

Publié par Gerard FONTAINE le

Pathologie de l'arthrose du gros orteil

1. Introduction et Définition

L' Hallux Rigidus représente la forme d'arthrose la plus fréquente au niveau du pied. Elle touche spécifiquement l'articulation métatarso-phalangienne (MTP) du gros orteil. Contrairement à l'Hallux Valgus, qui est une déviation latérale (« l'oignon »), l'Hallux Rigidus est une pathologie de l'usure cartilagineuse entraînant un raideur axiale et des douleurs mécaniques.

Le gros orteil assure normalement 80 % de la propulsion lors de la marche. Toute atteinte à sa mobilité impacte donc directement la qualité de vie et la posture globale.

2. Étiologie et facteurs de risque

L'usure du cartilage n'est pas uniquement liée à l'âge ; plusieurs facteurs peuvent précipiter son apparition :

  • Anomalies morphologiques : Un premier métatarsien trop long (pied égyptien) ou augmenté les contraintes de pression.
  • Traumatismes sportifs : Les entorses à répétition (communément appelées Turf Toe ) ou des chocs directs endommagent la surface articulaire.
  • Maladies inflammatoires : La goutte ou la polyarthrite rhumatoïde peuvent favoriser une dégradation articulaire accélérée.
  • Hérédité : Des prédispositions familiales sont enregistrées dans près de 50 % des cas.

3. Manifestations cliniques

La pathologie évolue généralement sur plusieurs années selon quatre stades de gravité décroissante :

  1. Douleur mécanique : Localisée à la base de l'orteil, elle s'accentue lors de la phase de "poussée" du pas ou lors de la pratique sportive.
  2. Perte de mobilité (Raideur) : Le patient éprouve de plus en plus de difficulté à réaliser une extension du gros orteil (vers le haut).
  3. Apparition d'ostéophytes (Bosse dorsale) : Le corps tente de stabilisateur l'articulation en créant des excroissances osseuses. Cette bosse sur le dessus du pied provoque souvent un conflit douloureux avec la chaussure.
  4. Répercussions posturales : Pour compenser, le patient marche souvent sur le bord externe du pied, ce qui peut engendrer des douleurs aux genoux, aux hanches ou au dos.

4. Stratégies de diagnostic

Le diagnostic est essentiellement clinique, mais doit être confirmé par une image précise :

  • Examen clinique : Test de la mobilité passive et recherche de zones de pression douloureuses.
  • Radiographie en charge (Debout) : C'est l'examen de référence. Elle montre le pincement de l'interligne articulaire, la sclérose de l'os sous-chondral et la taille des ostéophytes (becs de perroquet).

5. Prise en Charge Thérapeutique

A. Le Traitement Conservateur (Stades 1 et 2)

L'objectif est de réduire l'inflammation et de limiter les contraintes mécaniques sur l'orteil :

  • Adaptation du chaussage : Utilisation de chaussures à semelles rigides ou à "balancier" (rocker bottom) pour faciliter le déroulement du pas sans pincer l'orteil.
  • Orthèses plantaires : Semelles sur mesure avec un élément de décharge sous la tête du premier métatarsien.
  • Médication : Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) lors des crises.
  • Infiltrations : Injections d'acide hyaluronique pour lubrifier l'articulation ou de corticoïdes en cas d'inflammation sévère.

B. Le Traitement Chirurgical (Stades 3 et 4)

Lorsque le traitement médical ne suffit plus, deux options principales sont proposées :

  1. La Cheilectomie : Consiste à raboter les excroissances osseuses supérieures pour libérer le mouvement. Cette option est privilégiée pour conserver la mobilité chez les patients actifs au stade modéré.
  2. L'Arthrodèse (Fusion) : Intervention "étalon-or" pour les stades avancés. Elle consiste à bloquer définitivement l'articulation. Paradoxalement, la suppression de la mobilité supprime la douleur et permet une marche quasi normale avec un chaussage adapté.
  3. L'Arthroplastie (Prothèse) : Remplacement de l'articulation par un implant synthétique. Plus controversée, elle est réservée à des cas très spécifiques pour maintenir une certaine souplesse.

6. Conclusion

L'Hallux Rigidus est une pathologie invalidante mais prévisible. Une prise en charge précoce par un podologue ou un chirurgien orthopédiste permet de maintenir une autonomie de marche prolongée. L'évolution des techniques chirurgicales, notamment mini-invasives, offre aujourd'hui des suites opératoires plus simples et des résultats fonctionnels très satisfaisants.

Sources :

  • Haute Autorité de Santé (HAS) - Guide du parcours de soins.
  • Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT).
  • Académie américaine des chirurgiens orthopédistes (AAOS).

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Auteurs : Gérard FONTAINE orthoprothésiste laboratoire PROTUNIX

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